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Régiment

Unité regroupant un certain nombre de compagnies, placée sous les ordres d’un officier supérieur appelé colonel. Les régiments firent leur apparition dans l’infanterie française en 1558, et la pratique s’étendit à d’autres pays. Le Carignan-Salières, qui opéra au Canada entre 1665 et 1668, fut la première unité du genre au pays. Il comptait 20 compagnies, de 50 hommes chacune. Une partie de ses officiers et soldats restèrent au pays pour s’y établir. Par la suite, il fallut attendre jusqu’en 1755 avant que l’on trouve un régiment en Nouvelle-France. En Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve, des compagnies indépendantes en garnison furent regroupées en le 40th Regiment of Foot du colonel Philip, en 1717. Cette unité britannique, le premier régiment régulier formé au Canada, servit en Amérique du Nord jusque dans les années 1760. De nombreux autres régiments britanniques se joignirent à lui dans les années 1740.

Les premières unités régulières coloniales portant le nom d’un régiment et levées au Canada furent le Royal Highland Emigrants en 1775 et le King’s Royal Regiment of New York en 1776; ces deux formations recrutèrent leurs membres parmi les réfugiés loyalistes américains. Ces régiments et plusieurs autres furent dissous en 1783-1784. D’autres régiments furent levés pour servir en tant que force régulière dans les années 1790 et au début des années 1800, et tous furent dissous à la fin de la guerre en 1815. Par la suite, il n’y eut pas de véritables régiments réguliers canadiens avant les années 1890. Les unités de la milice canadienne utilisèrent habituellement le nom de régiment lorsqu’elles étaient associées à l’unité de leur comté. Les formations de la milice volontaire canadienne furent groupées en bataillons à partir de 1859, et portent le titre de régiment depuis 1900.

Voir aussi : bataillon, compagnie, escadron, troupe.

Régiment royal de l’Artillerie canadienne (RCA)

Les plus anciennes unités permanentes (ou régulières) de l’armée canadienne, les deux premières batteries levées à partir du 20 octobre 1871 et cantonnées à Québec et à Kingston. Titres divers, jusqu’à celui de Régiment de l’Artillerie canadienne en 1883. Préfixe royal décerné en 1893 quand le régiment fut restructuré en batteries de campagne et de garnison. La Royal Canadian Horse Artillery, créée en 1905 à partir des batteries de campagne régulières, fit partie intégrante du régiment. L’unité d’artillerie de la milice canadienne la plus ancienne encore existante (et la 3e plus ancienne au sein du Commonwealth britannique) est la 3e Batterie moyenne (Nouveau-Brunswick), qui vit le jour sous le nom de Loyal Company of St. Johns Artillery en 1793.

Relations canado-américaines

À l’époque coloniale, les relations entre les colonies françaises et britanniques d’Amérique du Nord ont toujours été très tendues, même en temps de paix. Un court répit a été observé de 1760 à 1775, quand le drapeau britannique a flotté sur toute l’Amérique du Nord, mais les tensions entre les colons américains et le gouvernement britannique ont dégénéré en un conflit ouvert et une tentative d’invasion du Canada par les Américains en 1775-1776. Le Canada est demeuré britannique, et les relations avec les États-Unis d’Amérique, nouvellement indépendants, sont demeurées tendues par la suite, les Américains essayant à maintes reprises d’envahir le Canada de 1812 à 1814.

Après la guerre de 1812, la frontière canado-américaine a été l’objet de nombreux différends. L’Accord Rush-Bagot (1817) qui restreignait le nombre de bâtiments de guerre sur les Grands Lacs a toutefois été le prélude aux relations plus harmonieuses qui allaient se développer dans les décennies suivantes. La méfiance demeurait grande, et d’imposantes fortifications ont été érigées, pour le cas où la guerre éclaterait. Lors des rébellions de 1837, des différends frontaliers dans le Maine et l’Oregon ont accru les tensions, les années 1860 marquant probablement la période la plus délicate à cause des incidents liés à la guerre de Sécession et aux Fenians.

Jusqu’en 1850 environ, les Britanniques ont maintenu au Canada une garnison régulière dont l’effectif correspondait à peu près à celui de la petite armée régulière américaine. Cela est toutefois devenu impossible dans les années 1860 à cause de la guerre de Sécession et de la formidable expansion de l’Armée américaine qui s’en est suivie. Toutefois, la Grande-Bretagne pouvait toujours compter sur la Marine royale, et, en cas de tension, les diplomates avaient toujours la possibilité de déclarer tranquillement que des navires de guerre basés à Halifax et à Esquimalt pouvaient rapidement aller bombarder Boston, New York et San Francisco; la Marine américaine n’était pas négligeable, mais elle n’avait rien à opposer à des navires ultra-modernes comme le HMS Warrior.

La Grande-Bretagne et les États-Unis voulaient éviter toute guerre au sujet du Canada et, en 1871, ils ont signé le Traité de Washington, réglant toutes les questions en suspens entre les deux pays. Même s’il a été critiqué par certains politiciens canadiens, le traité a marqué une étape importante dans l’établissement de relations harmonieuses. Il a notamment favorisé un commerce qui allait graduellement À l’époque coloniale, les relations entre les colonies françaises et britanniques d’Amérique du Nord ont toujours été très tendues, même en temps de paix. Un court répit a été observé de 1760 à 1775, quand le drapeau britannique a flotté sur toute l’Amérique du Nord, mais les tensions entre les colons américains et le gouvernement britannique ont dégénéré en un conflit ouvert et une tentative d’invasion du Canada par les Américains en 1775-1776. Le Canada est demeuré britannique, et les relations avec les États-Unis d’Amérique, nouvellement indépendants, sont demeurées tendues par la suite, les Américains essayant à maintes reprises d’envahir le Canada de 1812 à 1814.

Jusqu’en 1850 environ, les Britanniques ont maintenu au Canada une garnison régulière dont l’effectif correspondait à peu près à celui de la petite armée régulière américaine. Cela est toutefois devenu impossible dans les années 1860 à cause de la guerre de Sécession et de la formidable expansion de l’Armée américaine qui s’en est suivie. Toutefois, la Grande-Bretagne pouvait toujours compter sur la Marine royale, et, en cas de tension, les diplomates avaient toujours la possibilité de déclarer tranquillement que des navires de guerre basés à Halifax et à Esquimalt pouvaient rapidement aller bombarder Boston, New York et San Francisco.

La Grande-Bretagne et les États-Unis voulaient éviter toute guerre au sujet du Canada et, en 1871, ils ont signé le Traité de Washington, réglant toutes les questions en suspens entre les deux pays. Il a notamment favorisé un commerce qui allait graduellement façonner un marché intégré dans le siècle qui a suivi. Du point de vue militaire, le traité a rapidement mené au retrait des troupes britanniques du Canada à la fin de 1871

La politique étrangère du Canada était fixée par la Grande-Bretagne et elle privilégiait un lien étroit avec l’Empire britannique, ce que la majorité des Canadiens approuvaient. Des milliers de volontaires se sont donc engagés pour servir en Afrique du Sud, tandis que de nombreux Américains appuyaient les Boers; cela n’a toutefois pas nui aux relations de plus en plus étroites qu’entretenaient le Canada et les États-Unis. L’entrée en guerre États-Unis en 1917 a marqué une autre étape importante : pour la première fois, Canadiens et Américains allaient combattre un ennemi commun. Cela s’est produit de nouveau en décembre 1941, pendant la Seconde Guerre mondiale, puis pendant la guerre froide qui a suivi, jusque dans les années 1990.

Pendant la seconde moitié du XXe siècle, les influences britanniques qui avaient marqué les modestes forces armées du Canada ont cédé progressivement la place à des façons de faire américaines, témoignage de la collaboration accrue du Canada avec les forces militaires américaines dans le cadre d’alliances comme le NORAD et l’OTAN. Les relations militaires canado-américaines ont néanmoins connu des tensions imputables à des divergences de vue sur certains aspects de la politique internationale, particulièrement au sujet de Cuba, du Viet Nam et du Moyen-Orient.

Voir aussi : Route de l’Alaska, Guerre froide, OTAN, NORAD, Guerre nucléaire.

Relations franco-britanniques

L’histoire militaire du Canada a toujours été marquée par les rivalités qui ont opposé les deux pays européens qui ont fondé le Canada. Du Moyen Âge au XIXe siècle, la France et l’Angleterre ont constamment été en guerre. Quand l’une et l’autre a étendu son empire colonial, ces rivalités se sont transportées outre-mer. Elles ont atteint leur point culminant lors de la cession du Canada à la Grande-Bretagne, en 1763, suite à la conquête du pays trois ans auparavant.

Les deux communautés n’ont pas toujours entretenu des rapports chaleureux. Toutefois, comme chacune avait de solides traditions militaires, elles ont toujours uni leurs efforts pour faire front à l’ennemi commun, lors des invasions américaines ou face à d’autres menaces externes. Après la fin des guerres napoléoniennes, en 1815, les relations entre la France et la Grande-Bretagne se sont améliorées de façon constante pendant tout le XIXe siècle. Quand l’Allemagne est devenue le pays le plus puissant de l’Europe de l’Ouest après sa victoire sur la France en 1870, la France et la Grande-Bretagne se sont rapprochées et elles sont devenues des alliés pendant les guerres mondiales du XXe siècle.

Renseignement militaire

À l’époque coloniale, le renseignement était souvent le fait des déserteurs et des prisonniers. Dans les années 1690, le gouverneur général Frontenac a été mis au courant des défenses de New York par des déserteurs britanniques. En 1759, l’Amiral Sounders de la Marine royale a obtenu des renseignements sur la navigation dans le Saint-Laurent en menaçant de pendaison des marins capturés. En 1813, Laura Secord a recueilli clandestinement des renseignements sur l’armée américaine qu’elle a réussi à faire passer aux forces britanniques. Si l’on excepte les unités de renseignement militaires créées à partir de 1903, l’espionnage est demeuré limité jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

L’une des équipes de renseignement les moins connues et pourtant les plus importantes a été un groupe de cryptographes qui a formé en 1941 l’Unité d’examen au ministère des Affaires extérieures. Son travail consistait essentiellement à réunir des renseignements militaires et à déchiffrer les communications codées du gouvernement français de Vichy, pro-allemand, avec ses légations au Canada et les îles de Saint-Pierre-et-Miquelon, au large de Terre-Neuve, qui étaient sous son contrôle; ces îles se trouvaient à proximité des routes de convoi, et l’on craignait beaucoup qu’elles puissent servir à communiquer des renseignements aux sous-marins allemands.

L’Unité d’examen a aussi travaillé à déchiffrer des codes allemands et japonais, en étroite collaboration avec des cryptographes britanniques et américains. Elle était également responsable de la station radio HYDRA dont l’émetteur se trouvait au Camp X, base ultrasecrète sur la rive nord du lac Supérieur. Fin 1945, à la suite des révélations d’Igor Gouzenko, l’Unité d’examen s’est intéressée aux communications des Soviétiques; pour le milieu du renseignement militaire canadien, la guerre froide venait de commencer. Depuis, divers services de renseignement ont été en activité au Canada.

Voir aussi : Guide, Rangers, Éclaireur.