Armurier
Soldat ayant pour spécialité de réparer les armes. Au début de la Nouvelle-France, les armuriers n’étaient pas toujours des soldats, mais des artisans civils qui, parfois même dans les forts les plus lointains, réparaient les mousquets des militaires, des commerçants de fourrures et des chasseurs.
Art militaire
On considère généralement que l’art militaire comprend les peintures et les dessins des « peintres de guerre », mais certaines photographies qui n’ont pas seulement un intérêt documentaire s’y ajoutent. L’art militaire a dans une large mesure eu comme objectif d’immortaliser les grandes batailles et les événements militaires marquants. Il était habituellement le fait de personnes de talent qui assistaient aux événements (généralement des officiers) ou d’artistes professionnels travaillant dans leur atelier. « La Mort de Wolfe » à Québec de Benjamin West offre un exemple d’une scène présentant peu de ressemblance avec la réalité peinte par un artiste qui n’avait pas vu la bataille, fût-ce de loin.
C’est pendant la Première Guerre mondiale que le Canada a fait ses premières commandes officielles d’œuvres. En 1917, sir Max Aitken, lord Beaverbrook, nommé à la tête du Bureau canadien des archives de guerre, a commandé à des artistes britanniques et canadiens des toiles représentant des Canadiens au combat. Maurice Cullen, David Milne, A.Y. Jackson, Frederick Varley, Arthur Lismer et Franz Johnson comptaient parmi les artistes choisis, les quatre derniers faisant partie du Groupe des sept, formé en 1920, qui a révolutionné l’art au Canada. En 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, le programme d’art militaire a été relancé, Albert Cloutier, Alex Colville, Charles Comfort, Charles Goldhammer, Paul Goranson, Lawren P. Harris, E.J. Hughes et Frank Varley comptant parmi les 30 artistes auxquels des œuvres ont été commandées. Des femmes artistes comme Mary Lamb Boback, Pegi Nicol MacLeod et Paraskeva Clark ont représenté des femmes au service de l’armée.
Après la guerre, la collection d’art militaire logée à la Galerie nationale du Canada, puis transférée au Musée canadien de la guerre, a été négligée des critiques d’art et des historiens. Ces toiles étaient pourtant l’œuvre de certains des meilleurs artistes du pays. Depuis les années 1970, toutefois, les nouvelles générations d’amateurs d’art ont découvert le pouvoir d’évocation d’œuvres comme « Fantassins près de Nimègue, en Hollande », de Colville et compris que la collection d’art militaire était un véritable trésor, recelant certaines des meilleures toiles d’éminents artistes canadiens du XXe siècle.
L’art militaire canadien, particulièrement celui de la Seconde Guerre mondiale, se distingue de celui de la plupart des autres pays en ce qu’il est habituellement empreint d’une étrange quiétude et que les scènes d’héroïsme y sont rares. Il s’en dégage une vision paisible et pénétrante de la tragédie de la guerre. La propagande et la publicité sont un autre ordre d’art, mineur celui-là, qui est en train d’être redécouvert. Pendant les deux guerres mondiales, des affiches ont été consacrées à divers aspects de l’effort de guerre; aujourd’hui, elles sont de plus en plus considérées comme une forme d’art militaire.
Artillerie
En général, toutes les armes, sauf celles de petit calibre, peuvent être classées comme des pièces d’artillerie. L’artillerie fit son apparition au Canada avec les explorateurs du XVIe siècle. De nombreux canons, surtout les pièces d’artillerie en fer, du type naval ou de garnison, furent installés dans les forts canadiens à partir du XVIIe siècle. Quelques tentatives furent faites pour couler des canons aux Forges du Saint-Maurice à la fin des années 1740, mais il fallut attendre la Première Guerre mondiale avant que l’on fabrique avec succès des pièces d’artillerie au pays.
Aumônier
Prêtre ou ministre du culte affecté à une unité, habituellement un régiment ou un navire, pour répondre aux besoins d’ordre religieux des militaires. Sous le Régime français, les prêtres de l’Ordre des récollets (une branche aujourd’hui disparue de l’Ordre des franciscains) furent nommés en 1692 par le roi Louis XIV comme aumôniers des troupes coloniales présentes au Canada. Après 1760, on affecta des aumôniers à des unités formées au Canada, généralement de la même façon que dans les services armés britanniques. Dans la milice, ce sont des prêtres ou des ministres du culte de la même région que celle de l’unité qui étaient nommés aumôniers. Un service d’aumônerie fournit des aumôniers à temps plein de 1914 à 1919. Un élément de milice permanent du Service de l’aumônerie fut constitué en 1921, et de nombreux aumôniers servirent lors de la Deuxième Guerre mondiale. Dans la Force régulière, le Royal Canadian Chaplain Corps et ses successeurs datent de mars 1948. Des aumôniers continuent d’accompagner les troupes canadiennes de maintien de la paix de l’ONU aux quatre coins du globe.