Milice sédentaire
Terme utilisé au Canada à partir de la fin du XVIIIe siècle et le milieu du XIXe siècle pour désigner tous les hommes physiquement aptes de la région qui étaient enrôlés dans une unité de milice sédentaire. Il s’agissait de la réserve de base à partir de laquelle les hommes pouvaient être incorporés ou se porter volontaires. Durant la Guerre de 1812, des unités de cette milice furent appelés en service actif pendant de courtes périodes, notamment au Bas-Canada à l’automne de 1813.
Voir aussi : milice d’élite, milice incorporée, milice volontaire.
Milice volontaire
Les miliciens volontaires étaient ceux qui se portaient volontaires pour servir comme soldats de réserve. Ils étaient groupés en unités volontaires qui, habituellement, se dotaient d’uniformes et s’équipaient eux-mêmes, mais les armes étaient fournies par le gouvernement. Ces unités se trouvaient habituellement dans les villes, regroupaient des hommes à l’aise financièrement et formaient souvent des unités de cavalerie ou d’artillerie. De telles unités apparurent au Canada vers le dernier quart du XVIIe siècle. La Canadian Volunteer Militia Act de 1855 créa légalement une catégorie de milice volontaire, qui incorpora les unités existantes et favorisa la formation de nombreuses autres jusqu’à, au début, 5 000 volontaires, un chiffre qui, en 1863, était passé à 35 000. Les volontaires touchaient une solde pour les séances d’exercice, des armes et, au début, une indemnité destinée à payer le coût d’un uniforme jusqu’à ce que le gouvernement, à compter de 1863, commença à en distribuer. La plupart des unités de la milice canadienne d’aujourd’hui datent des unités formées à cette époque.
Voir aussi : milice sédentaire, Sea Fencible.
Militaires autochtones
Il n’y eut pas d’unités d’Autochtones distinctes dans la milice canadienne mais, au début des années 1900, le 37th Haldiman Rifle Regiment comptait un nombre élevé d’Iroquois dans ses rangs. Au XXe siècle, des Autochtones canadiens se portèrent souvent volontaires dans les forces armées en temps de guerre. Pendant la Première Guerre mondiale, au moins 4 000 d’entre eux se portèrent volontaires et furent répartis entre divers bataillons du CEC; cependant, il s’en trouva plusieurs centaines dans le 114e Bataillon, qui comptait deux compagnies, officiers inclus, entièrement formées d’Autochtones. Au moins 300 perdirent la vie. De nombreux Autochtones devinrent tireurs d’élite ou éclaireurs, mettant à profit, avec une efficacité mortelle, leurs qualités militaires et de chasse traditionnelles. Mike Mountain Horse, un vétéran de la Première Guerre mondiale, a relaté que, malgré des conditions difficiles, imputables aux préjugés raciaux à l’endroit des Autochtones, la guerre a prouvé que la vie dans une réserve n’avait pas étouffé l’esprit de combat de sa tribu.
À la Deuxième Guerre mondiale, de nombreux Autochtones s’inscrivirent sous les drapeaux. Le chiffre calculé par la Division des affaires indiennes n’était que de 3 090 en 1946, mais ce chiffre est aujourd’hui fort contesté et a probablement été nettement plus élevé. Dès 1942, le député - et plus tard premier ministre - John Diefenbaker fit remarquer à la Chambre des communes que dans l’ouest du Canada, les réserves (indiennes) sont privées de la quasi-totalité des hommes physiquement aptes.
Comme pendant la Première Guerre mondiale, la plupart des Autochtones servirent dans l’infanterie, principalement parce que c’est là que l’on avait le plus besoin de personnel. Si, une fois de plus, de nombreux Autochtones devinrent réputés pour leurs qualités d’éclaireurs et de tireurs d’élite, d’autres talents ressortirent au cours de ce conflit. Les soldats autochtones canadiens assumèrent donc davantage de fonctions variées dans de nombreux types d’unités. Là encore, la vie militaire fut une libération par rapport à la vie dans une réserve; comme l’a déclaré Tommy Prince : [TRADUCTION] « Dès que je mettais mon uniforme, j’avais l’impression d’être un meilleur homme ». Il finit par rendre des services hautement distingués au sein de la 1re Force d’opérations spéciales. Dans la guerre de Corée, la Division des affaires indiennes recensa moins de 75 Autochtones en service, mais on croit aujourd’hui qu’il y a eu plusieurs participants autochtones.
Jusqu’au début de la Deuxième Guerre mondiale, les autres branches du service militaire – l’Aviation royale canadienne (ARC) et la Marine royale du Canada (MRC) qui était en pleine croissance – comportaient des restrictions à l’entrée, comme des exigences scolaires ou une préférence raciste pour les candidats dont les ancêtres étaient britanniques. Dans son rapport pour 1942-1943, la Division des affaires indiennes ne fit mention que de 29 Autochtones dans les services aériens et de 9 dans la MRC, mais leur nombre augmenta avant la fin de la guerre. L’un de ces hommes, le lieutenant d’aviation Willard John Bolduc, un Ojibwa originaire de Chapleau (Ontario), remporta la Croix du service distingué dans l’Aviation (DFC) pour son rendement en tant que mitrailleur de bord lors d’une série d’attaques de bombardement menées en 1943.
Plus de 7 000 Autochtones, à tout le moins, servirent dans les deux guerres mondiales et la guerre de Corée, de même qu’un nombre inconnu d’Inuits, de Métis et d’autres Autochtones. Un groupe de vétérans autochtones estime que 12 000 Autochtones servirent sous les drapeaux dans les trois guerres, et certains croient que ce chiffre atteint peut-être 15 000. Indépendamment des chiffres cités, les militaires autochtones du Canada surmontèrent des obstacles raciaux et culturels, firent d’impressionnants sacrifices et contribuèrent à aider le pays dans ses efforts pour rétablir la paix mondiale. Cette attitude cadre avec les traditions guerrières qui ont tant contribué à notre patrimoine militaire national et qui se situent à la base même de ce dernier.
Voir aussi : rangers canadiens.