Solde et pensions
Le terme « soldat » vient du mot français « solde » qui désignait la rémunération des militaires au Moyen Âge. Les hommes d’armes (ou guerriers) employés en permanence dans l’armée étaient « soldés »; c’est de là que viennent les termes « soldat » en français, « soldier » en anglais et « soldaten » en Allemand, par exemple. Le terme s’appliquait uniquement aux sous-officiers et aux simples soldats qui venaient des classes inférieures de la société; les officiers touchaient à l’époque des « appointements ». Des pensions ont commencé à être versées aux soldats et aux marins en France et en Grande-Bretagne à compter du milieu du XVIIe siècle; au Canada, les soldats et les miliciens admissibles pouvaient également toucher une pension. Les officiers qui quittaient le service touchaient une demi-solde. La solde et les pensions actuelles tirent leur origine de ces pratiques; au Canada, ces pratiques s’apparentaient à celles de la mère patrie.
Voir aussi : Butin.
Sous-marin
On a fait plusieurs essais avant d’obtenir le premier bateau sous-marin vraiment opérationnel, en 1887, le Gymnote. Conçu par Gustave Zédé, ingénieur naval français, le Gymnote était propulsé par un moteur électrique et équipé de deux torpilles. Quelques années plus tard, les grandes puissances navales comptaient toutes des sous-marins dans leur marine de guerre. La Marine royale du Canada a acquis ses deux premiers sous-marins de la Royal Navy, en août 1914. Il s’agissait de sous-marins de classe D datant de 1911 et déjà presque obsolètes, mais convenant aux patrouilles de courte portée et à l’entraînement. C’étaient néanmoins les premiers navires à moteur diesel de la MRC. Appelés CC1 et CC2, ils étaient tous deux basés à Esquimalt, en Colombie-Britannique, le sloop NCSM Shearwater leur servant de bâtiment-base.
Comme des navires allemands croisaient dans le Pacifique, les autorités ont craint des attaques sur Victoria ou Vancouver et rassemblé tout ce qu’elles pouvaient pour en assurer la défense. Finalement, des croiseurs allemands ont atteint le détroit Juan de Fuca en octobre 1914, mais ils ont été alors envoyés ailleurs. La question des sous-marins a refait surface au Canada quand les Britanniques ont voulu en commander aux États-Unis. Comme les États-Unis étaient neutres, 10 sous-marins américains de classe H ont été construits en sous-traitance pour la Royal Navy, à Montréal, en 1915. Des officiers subalternes et des marins de la MRC se sont entraînés et ont servi à bord de ces sous-marins de la Royal Navy. En 1917, le CC1 et le CC2 ont été transférés à Halifax et ils y sont restés jusqu’en 1919, année où ils furent réformés sans jamais avoir livré bataille. Deux des sous-marins de la classe H ont été mis en service dans la MRC en 1921, mais réformés l’année suivante, mettant ainsi un terme au premier service sous-marin du Canada.
La guerre sous-marine en était encore à ses premiers balbutiements quand la Première Guerre mondiale a éclaté. Au départ, les sous-marins devaient être utilisés contre des navires de guerre de surface; toutefois, comme cela s’était déjà produit à l’époque des corsaires et des navires à voile, couler des navires marchands ennemis demeurait un objectif. Dans les premiers mois de la guerre, l’Allemagne a déployé des croiseurs comme l’Emden pour perturber les routes maritimes dominées par la marine marchande britannique, mais les sous-marins se sont vite révélés beaucoup plus efficaces. Une barrière morale a été irrémédiablement franchie le 7 mai 1915 quand un sous-marin allemand a torpillé le paquebot britannique Lusitania, au large de l’Irlande, faisant 1 200 victimes, dont 100 Canadiens, parmi les passagers civils et l’équipage. La population a été à ce point outrée par ce qu’elle considérait comme un acte de barbarie que des foules en colère s’en sont prises à des magasins allemands à Victoria, Vancouver et Montréal. Après cela, seuls les navires-hôpitaux ont été à l’abri des attaques des sous-marins.
Comme les sous-marins de la Première guerre mondiale avaient un rayon d’action assez limité, l’Amérique du Nord n’était cependant pas très menacée. Tout cela avait changé à l’époque de la Seconde Guerre mondiale, des sous-marins de plus fort tonnage et disposant d’une plus grande autonomie pouvant se livrer à des patrouilles transocéaniques. Les principaux adversaires de la Marine royale du Canada sont donc devenus les sous-marins allemands, qui venaient rôder près de la côte est du pays. Jusqu’en 1943, la bataille a semblé à demi perdue, la moitié ou presque des navires marchands à destination de l’Angleterre étant perdus en cours de route. Les corvettes et les destroyers ne suffisaient pas à protéger adéquatement les convois. Le pire ennemi des sous-marins était vraiment l’avion, et le vent a commencé à tourner en faveur des Alliés quand des avions à long rayon d’action ont pu protéger le milieu de l’Atlantique.
Même si elle pouvait compter sur de très nombreux bâtiments de surface pendant la Seconde Guerre mondiale, la MRC n’avait pas de sous-marins. Le rôle tactique de la MRC au sein de l’OTAN en matière de guerre sous-marine a changé au début des années 1960, et des sous-marins ont de nouveau été mis en service dans la Marine canadienne en 1965.
Sous-officier (s/off)
Militaire du rang détenant dans l’armée un grade allant de caporal à sergent d’état-major inclusivement (ou sergent de section dans l’Aviation). « Caporal suppléant » est une nomination, non un grade.