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CHAPITRE 4: Les soldats du roi

La fondation de la milice canadienne (1 page)


Le château Saint-Louis et son fort à Québec, en 1683

Le château Saint-Louis et son fort à Québec, en 1683
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Avant 1669, à moins de situations d'urgence, le colon français au Canada n'était pas obligé de servir à l'occasion en tant que soldat. Il n'existait pas, non plus, d'organisation militaire permanente visant à regrouper les hommes. Une lettre de Louis XIV va changer tout cela. Le 3 avril 1669, en effet, le roi ordonne à Courcelles, alors gouverneur, de « diviser » ses sujets au Canada par compagnies « ayant égard à leur proximité, qu'après les avoir ainsi divisés, vous établissiez des capitaines, lieutenants et enseignes pour les commander... vous donniez les ordres qu'ils s'assemblent une fois chaque mois pour faire l'exercice du maniement des armes ». On doit prendre soin, ajoute-t-il, qu'ils soient « toujours bien armés, et qu'ils aient toujours la poudre, plomb et mèches nécessaires pour pouvoir se servir de leurs armes dans les occasions » [50].

Ces quelques lignes signent l'acte de naissance de la milice canadienne. Elles sont l'équivalent d'un programme général d'organisation et de mobilisation dont la réalisation va demander plusieurs années d'efforts. C'est surtout au comte de Frontenac, qui succédera à Courcelles en 1672, qu'incombera la tâche de mettre en place cette considérable organisation à travers le pays. Pour ce faire, il s'inspira certainement de la milice garde-côte telle qu'elle existait en France à l'époque, car la milice canadienne offre beaucoup de parenté avec elle.

Il lui semble tout naturel, par exemple, d'utiliser la paroisse comme point de ralliement. Chacune possédera donc sa propre compagnie de milice, et les plus populeuses en auront même plusieurs. La composition de ces compagnies est exactement calquée sur celle des troupes régulières : à la tête, un capitaine, assisté d'un lieutenant et d'un enseigne, ensuite quelques sergents et caporaux, puis de simples soldats. En tout, une cinquantaine d'hommes.

Chaque paroisse se trouve rattachée à l'un des trois districts gouvernementaux de la colonie : Québec, Trois-Rivières ou Montréal. Dans chacun d'eux se trouve un état-major de milice comportant un colonel, un lieutenant-colonel et un major. Le gouverneur du district détient le commandement supérieur, tandis que le gouverneur général du pays est en même temps le commandant suprême de toute la milice. L'intendant peut, cependant, requérir les miliciens pour des causes civiles.

Tous les hommes en état de porter les armes, âgés de 16 à 60 ans, doivent faire partie de la compagnie de milice de leur paroisse et participer à ses activités, ce qui représente entre le cinquième et le quart de la population totale de la colonie. Il y a environ 3 500 miliciens en 1710; on en compte 11 687 en 1750, et ils sont divisés en 165 compagnies commandées par 724 officiers et 498 sergents. Seuls les religieux et les seigneurs sont exemptés de ce service, encore que ces derniers soient presque tous officiers dans les troupes régulières ou dans la milice.