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CHAPITRE 7: Une décennie tumultueuse

Les Canadiens forcés de défendre le Canada (1 page)


Volontaire de la milice canadienne vêtu d'une redingote, 1866

Volontaire de la milice canadienne vêtu d'une redingote, 1866
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À l'automne de l'année 1868, Georges-Étienne Cartier et William MacDougall sont délégués à Londres pour négocier les questions relatives à la défense. Ils ont de nombreuses demandes à soumettre, afin d'améliorer, aux frais de l'Angleterre bien entendu, la situation militaire du Canada. Mais en Grande-Bretagne, le nouveau gouvernement libéral de William Gladstone a bien d'autres priorités, et il annonce qu'il retirera les troupes britanniques du Canada, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande dans deux ans ! Seules les grandes bases navales conserveront une garnison, ce qui signifie que toutes les troupes seront évacuées du Canada, sauf celles qui sont cantonnées à Halifax.

Pris de court, les délégués canadiens ne croient vraisemblablement pas à cette décision, préférant y voir une manœuvre politique. La négociation dégénère, le Canada allant jusqu'à refuser de payer une facture de 4 000 $ pour la réparation d'armes endommagées par les volontaires canadiens, qui provenaient des magasins de l'armée britannique. Si l'on songe que c'est le contribuable britannique qui, en six ans, a payé pour armer les volontaires canadiens de 40 000 fusils rayés Enfield et de 30 000 Snider-Enfield, on comprend que cette réaction scandalise les ministres britanniques, plus que jamais déterminés à retirer leurs garnisons; dès 1869-1870, celle du Canada passe donc de 16 000 à 6 000 soldats, ce qui engendre pour le Trésor royal une économie d'environ 10 000 000 $ (£ 2 000 000). La Royal Navy continuera d'assurer la défense navale des territoires britanniques d'outre-mer, mais l'opinion publique réclame le rapatriement de l'armée en Grande-Bretagne... Face à la France de Napoléon III et à la puissance croissante de l'Allemagne, son inquiétude ne cesse en effet de grandir.