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Patrimoine Militaire Canadien
Table des Matières


CHAPITRE 1
Une défense quasi autonome (1871-1898)
CHAPITRE 2
Menaces intérieures et extérieures
CHAPITRE 3
La cristallisation des enjeux
CHAPITRE 4
Un siège interminable
CHAPITRE 5
D'une guerre mondiale à une autre (1919-1943)
CHAPITRE 6
Le tournant (1943)
La marine
L'aviation
L'Armée La Sicile et l'Italie
La Normandie et le nord-ouest de l'Europe
La guerre dans le Pacifique
Les militaires francophones et le français durant la Deuxième Guerre mondiale
Le front intérieur et la guerre
Le bilan de la guerre
CHAPITRE 7
De la guerre froide à aujourd'hui
ANNEXE A
Armement et expérience du temps de guerre
ANNEXE B
Références

    
CHAPITRE 6 Le tournant (1943)

    
    
L'Armée La Sicile et l'Italie ( 6 pages )

    
    
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La bataille d'Ortona
    
    
    
Ortona, c'est l'histoire de sept pénibles journées d'un combat rapproché mené dans le froid, l'humidité et la neige, où le courage et l'héroïsme sont constamment au rendez-vous.  La ville est sise sur une falaise qui surplombe l'Adriatique.  Les Allemands décident de s'y replier.  Le port est bloqué par des épaves, de nombreux bâtiments sont rasés et les rues étroites de cette ville médiévale sont remplies de décombres.  L'ennemi sait bien que l'artillerie et les blindés ne seront pas d'une grande utilité contre eux et que la bataille qui va suivre en sera une de fantassins, menée à coups de fusils, de mortiers, de mitrailleuses, de grenades et de mines ; ses troupes sont parmi les meilleures, des hommes de la 1re Division allemande de parachutistes.  Leur faisant face, il y a la 1re Division d'infanterie canadienne formée des trois régiments de fantassins de la Force permanente, ainsi que de régiments de la Milice venus de tout les pays.

Le 20 décembre, les fantassins canadiens quittent le carrefour Berardi pour avancer lentement vers les faubourgs d'Ortona d'où, le lendemain, ils engagent le combat pour la prise de la ville.  Les Allemands tirent profit de leurs positions en tentant d'attirer les Canadiens vers la place centrale (la Piazza Municipale), où ils espèrent pouvoir les massacrer.  Se frayer un passage à travers les rues obstruées de décombres n'équivaudrait qu'à combattre de la manière voulue par l'ennemi ; les Canadiens entreprennent plutôt de percer, à coups de canons, des « trous de souris » à travers murs et bâtiments.  Pendant des jours et des nuits les canons de campagne et les chars d'assaut jouent un rôle essentiel dans la progression des fantassins en bombardant lorsque c'est possible les étages supérieurs des bâtiments occupés par les parachutistes ennemis.  La bataille se termine toutefois comme elle a commencé, par un combat entre fantassins.  Au plan stratégique, la ville a peu d'importance, et pourtant les deux camps s'y battront avec beaucoup d'acharnement.

Un débat a toujours cours parmi les experts fallait-il attaquer la ville de front, comme on l'a fait, ou la dépasser et en forcer l'abandon ?  Toujours est-il que le 22 décembre, troisième jour des combats, le commandement canadien décide de s'en prendre à la clé de la position allemande, soit la route qui longe la côte en direction du nord-ouest.  C'est par là que l'ennemi relève et renforce les défenseurs de la ville proprement dite.  Une attaque auxiliaire est donc déclenchée à l'ouest, en direction du village de San Tommaso.  Les Allemands semblent surpris, et les hommes du 48th Highlanders parviennent à occuper une position au nord-ouest de la ville et à la garder, en dépit de violentes contre-attaques allemandes.  Incapables d'infiltrer ces positions, les Allemands se rendent compte que leurs hommes sont en danger dans Ortona, dont le cœur est déjà entre les mains des Canadiens.  Au cours de la nuit du 27 au 28 décembre, les parachutistes ennemis se retirent.  Le lendemain matin, une patrouille de reconnaissance canadienne avance prudemment dans Ortona : elle n'y trouve que les morts de l'ennemi.

La 1re Division vient de remporter une des plus glorieuses batailles de son histoire, mais elle lui a coûté cher.  Les Allemands ont aussi subi de lourdes pertes.  Chacun des bataillons de la 1re Division de parachutistes a maintenant juste assez d'hommes pour former une compagnie.

Décembre a été douloureux à plus d'un titre.  Le général A. McNaughton, ayant perdu la confiance de ses chefs britanniques, circonvenu par quelques subordonnés ambitieux et abandonné par son ministre, est amené à démissionner pour raison de santé.  Pour sa part, le premier ministre garde en réserve un avenir politique pour cet homme, qui ne se réalisera cependant pas.  C'est le général H.D.G. Crerar qui remplace McNaughton à la tête de l'Armée canadienne.

    
    
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  Dernière mise à jour: 2004-06-20 Top of Page Avis importants